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La Galerie l’Aiguillage

est situé dans le XIIIe, aux Frigos de Paris, un lieu mythique underground d’ateliers d’artistes et de créateurs en tout genre.

Un lieu conçu et fait par des artistes, pour des artistes.

 

Débuts d’ébats

- A quoi tu penses, Chouchou ?
- A rien…
- Mon oeil ! Tu as le regard lubrique comme quand tu vas faire l’amour !
- Qu’est-ce que tu vas chercher ! T’as vu ces filles ?
- Justement ! Elles sont exactement comme tu n’avoueras jamais que tu les aimes !
- Ah ! Et elles sont censées être mon type de femmes ?
- Oui, je sais que tu aimes les fesses un peu grosses qui bougent quand elles marchent…
- N’importe quoi !
- …que tu trouves les marques de slips qui les boudinent très bandant !
- Pfff…
- …les gros seins lourds qui bringuebalent… les poils sous les bras, tout ce qui est vulgaire ! Ça t’excite, avoue !
- Hé ben oui, ça m’excite ! Les trucs lisses, maigres, polis, parfaits, glabres, tu sais quoi ? Ça me fais chier. Alors oui, toutes ces petites bonnes femmes pas très belles qui bossent là, avec leurs chairs qui débordent, leurs cheveux un peu gras, avec leur odeur de sueur, ça me bouleverse, voilà ! Et ne me dis pas que toi, quand tu vois un bûcheron mal dégrossi avec ses poils qui sortent du cou et son odeur de mâle, tu ne mouilles pas…
- Je ne te le dis pas.
- Ah.
- Ah quoi ?
- Tu penses aussi à des trucs, comme moi.
- Mais c’est toi qui m’en parles !
- C’est toi qui as commencé ! Pourquoi faut-il toujours que vous nous demandiez à quoi on pense, tout en étant convaincues qu’on ne penses qu’au cul ?
- C’est trop long comme débat, Chouchou. Je ne comprends pas bien la question.

Texte et peinture © dominiquecozette

Dominique Cozette, Débuts d’ébats

Dominique Cozette

Née en 1946 à Rouen (Basse-Normandie, France)
Vit et travaille à Ivry sur Seine (Ile-de-France, France)

Enfant du baby boom, Dominique Cozette a été publicitaire.

Davantage que le cynisme, elle en a conservé le sens de la dérision, de l'autodérision plutôt, mais aussi celui de la formule. Celle qui ramasse une vie en quelques fragments où le tragi-comique n'est pas dépourvu de l'idée de grandeur. Cozette réduit sa vie en équation : texte et image claquent comme des slogans. Ses textes sont indissociables d'une représentation qui les sous-tend et les magnifie en même temps : qu'elle soit acide, de sa main ou issues de l'iconothèque de l'histoire de l'art, leur persistance rétinienne est une qualité sine qua non.

Christian Berst, membre du Collège Critique du 59e Salon de Montrouge, 2014

Tag(s) : #Les Frigos

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