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La Galerie l’Aiguillage

est situé dans le XIIIe, aux Frigos de Paris, un lieu mythique underground d’ateliers d’artistes et de créateurs en tout genre.

Un lieu conçu et fait par des artistes, pour des artistes.

Dominique Cozette, Rien à craindre (Galerie l'Aiguillage aux Frigos)

Rien à craindre

Ils sont tous pareils, ils se prennent pour des caïds, et dès que tu les fous à poil, y a plus personne. Ils détestent être à poil devant des gens vêtus. Ça se comprend, remarque, et comme on est des gros nases, on les vanne sur leur attributs. Facile, mais c’est la guerre, mec, on s’amuse comme on peut, on ne sait pas si on sera encore vivant demain, alors, camembert. Le pire, c’est quand on amène Rintintin devant eux, alors là, les yocs remontent à toute berzingue, c’est comme s’ils n’en avaient pas. Y en a qui se pissent dessus, ou plus même. C’est dégueu. Rintintin, il ne ferait pas de mal à une mouche. Ça veut pas dire qu’il mettrait pas un coup de croc. Enfin, on fait gaffe, on aurait du mal à expliquer ça au capitaine. Oh, quoi, on s’amuse un peu, c’est pas méchant… Après le mec, on le laisse, je vous jure, on ne le touche pas, on lui dit de se rhabiller et de pas moufter. Et il repart dans sa cellule. Il y a des rumeurs comme quoi on torturerait. N’importe quoi ! On n’est pas comme ça, on est des bons gars, on est là pour défendre des trucs qui nous dépassent, mais c’est tout. On fait notre job du mieux qu’on peut, notre petite routine quoi.

Texte et peinture © dominiquecozette

Dominique Cozette, Rien à craindre (Galerie l'Aiguillage aux Frigos)

Dominique Cozette

Née en 1946 à Rouen (Basse-Normandie, France)
Vit et travaille à Ivry sur Seine (Ile-de-France, France)

Enfant du baby boom, Dominique Cozette a été publicitaire.

Davantage que le cynisme, elle en a conservé le sens de la dérision, de l'autodérision plutôt, mais aussi celui de la formule. Celle qui ramasse une vie en quelques fragments où le tragi-comique n'est pas dépourvu de l'idée de grandeur. Cozette réduit sa vie en équation : texte et image claquent comme des slogans. Ses textes sont indissociables d'une représentation qui les sous-tend et les magnifie en même temps : qu'elle soit acide, de sa main ou issues de l'iconothèque de l'histoire de l'art, leur persistance rétinienne est une qualité sine qua non.

Christian Berst, membre du Collège Critique du 59e Salon de Montrouge, 2014

Tag(s) : #Les Frigos

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