Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog


   
Vous pouvez tout faire,
penser ou croire,
posséder toute la science du monde,

si vous n'aimez pas, vous n'êtes rien.
    
Marcelle Sauvageot
   
 Marcelle Sauvageot (1900-1934), née en 1900 à Charleville (Ardennes), morte le 6 janvier 1934, à Davos en Suisse,

était un professeur agrégé de littérature.
Ecrivain, elle est l'auteur d'un texte unique, Laissez-moi.
Issue d'une famille lorraine, Marcelle Sauvageot partagea la condition des " réfugiés de l'Est ", expatriés lors des grands remous de la Première Guerre mondiale. Avec les siens, elle habite successivement Bar-le-Duc, Troyes, Paris et Chartres, avant de rentrer à Paris à la fin de 1918, après l'armistice, et d'y préparer l'agrégation de lettres.
C'est à cette époque qu'elle fait la connaissance de René Crevel (1900-1935) et de Jean Mouton (1899-1995), tous deux sorbonnards, avec qui elle lie une amitié durable. Une fois agrégée, elle part pour Charleville afin d'enseigner les lettres au collège de garçons.

  Elle tombe malade de tuberculose à 25 ans et enchaîne une série de longs séjours en sanatorium : d'abord à Tenay-Hauteville dans l'Ain où elle commence son essai à la suite d'une déception amoureuse, puis plus tard à Davos, en Suisse, sa dernière demeure. 
 
 Elle remit son oeuvre à un éditeur trois ans après son écriture, avec le soin de trouver un titre. Le texte (écrit intime, essai, roman autobiographique, ou lettre fictive ?) est diffusé dans un premier temps hors commerce, à 163 exemplaires, un an avant sa mort. Il est bien accueilli par les rares destinataires au sein de la communauté littéraire et artistique parisienne, notamment par Paul Valéry, Paul Claudel, René Crevel, mais aussi Henri Rambaud, Robert Brasillach, Jacques de Bourbon Busset, Henri Focillon, Henri Gouhieretc ... Le titre retenu est très sobre : Commentaire.
Dans ce livre, Marcelle Sauvageot est attentive aux murmures de l'âme, aux destructions amoureuses les plus ténues, aux faux-fuyants et ... à l'hypocrisie des hommes. 

" Commentaire aurait du être une date dans la littérature féminine ", écrit Clara Malraux dans ses Mémoires, " Premier livre écrit par une femme qui ne soit pas de soumission, précis comme un œil masculin, l’œil s'y pose sur l'ami-ennemi sans servilité ".

" Un petit volume si amer, si pur, si noble, si lucide, si élégant, si sévère et d’une tenue si haute dans son allure désolée et déchirée. On serait presque tenté de dire que c'est là un des chefs-d’œuvre de la plume féminine ", confie Paul Claudel, " s'il n'était inconvenant d'introduire une idée de littérature dans cette confession d'une fierté clairvoyante et meurtrie ".
Et le sanatorium devient sous la plume de Marcelle Sauvageot un théâtre d'ombres, pour ce monologue évoquant, par exemple, " ces toux incessantes qui hachent les nuits ". Puis rajoutant : " Et moi-même, je tousse en réponse pour vérifier l'état de mes poumons. Vais-je sentir ce creux, ce vide de soufflet crevé ? ".
L'ouvrage, réédité de multiples fois, a été associé à différents intitulés. Il est notamment publié en 1997 sous le titre Commentaire : récit d'un amour meurtri, et en 2004 sous le titre Laissez-moi : commentaire.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :